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Le traitement réservé aux médicaments

Vous venez d’avaler le dernier comprimé du traitement. Or, la boîte de médicaments n’est pas finie. 3 solutions s’offrent à vous : la garder, la transmettre à un pharmacien ou favoriser l’aide humanitaire, une démarche sous condition.

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La 2e vie énergétique des médicaments non utilisés

La toxicité de certains produits de santé nécessite d’observer des précautions. Pour éviter leur dispersion dans l’environnement, les médicaments non utilisés (MNU) font l’objet d’un processus de destruction. Parce qu’ils ont atteint leur date de péremption ou qu’il nous reste encore des médicaments une fois le traitement terminé, nous devons les rapporter à la pharmacie. Si la loi oblige les pharmaciens à collecter les médicaments à usage humain sous toutes leurs formes (gélules, sirop, comprimés…), périmés ou non, le tri des MNU ne nous revient pas pour autant.

Dans un premier temps, le pharmacien opère un premier tri. Il écarte ainsi les produits ne relevant pas du dispositif de recyclage, de destruction et de valorisation propre aux MNU. Stockés dans la cave de l’officine, les médicaments sont regroupés dans des cartons dédiés. Dans un second temps, les médicaments non utilisés sont collectés lors de la tournée quotidienne de grossistes répartiteurs, organisée par l’association Cyclamed. Enfin, les produits sont incinérés dans l’une des 52 unités de valorisation énergétique sélectionnées dans le cadre de ce dispositif. Issue de la destruction des MNU, l’énergie permet de chauffer ou d’éclairer des logements.

L’arrêt de l’aide humanitaire

L’association Cyclamed naît en 1993 de « l’obligation des industriels à pourvoir ou à contribuer à l’élimination des déchets d’emballages ménagers qu’ils mettent sur le marché » dans le secteur du médicament. Elle a alors vocation d’organiser une filière de collecte de redistribution et de traitement des MNU. Les médicaments non utilisés sont récupérés auprès des particuliers via les pharmacies. En 2007, le ministre de la Santé et des Solidarités interdit la redistribution humanitaire des médicaments non utilisés (MNU) avec la promulgation de la loi n°2007-248, qui entre en vigueur fin 2008. Les raisons invoquées : manque d’adéquation entre les besoins des populations et les MNU envoyés dans les pays en développement, alimentation et extension de trafics divers (dont la vente illicite de produits), présence de notices incompréhensibles pour les éventuels utilisateurs…

Les alternatives à l’aide internationale

Vous pouvez continuer d’apporter votre soutien par le don de médicaments. Entre autres, en vous renseignant sur la liste des médicaments essentiels génériques définis dans le cadre des politiques gouvernementales. Également en demandant à une structure de santé locale (hôpital, dispensaire, centre de santé…) de vous transmettre sa liste des médicaments essentiels génériques. Seuls les produits figurant sur ces documents sont autorisés à l’export dans le cadre de l’aide humanitaire.

Plus d’infos

© Uni-éditions – Claudine Cordani – janvier 2011

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